Marathon du Beaujolais

Après Paris (3h12) et la Rochelle (3h06) en 2010, j’avais fait une – très – longue pause sur cette distance si spéciale. De sorte que j’avais en tête la difficulté de la bonne gestion de ce format, mais plus aucun souvenir des sensations qu’il procure. C’est donc en quasi-débutant que j’ai repris l’entraînement spécifique pour le marathon.

La préparation

J’ai profité d’une semaine de vacances en famille à Châlain dans le Jura pour valider la distance hebdomadaire proposé par le plan. C’est passé sans problème, tout comme le plan par ailleurs.

Pas de blessure, pas de souffrance excessive, j’ai travaillé en moyenne à 4’10 au km, avec énormément de tapis qui a l’avantage de permettre de concilier entraînement, vie familiale et météo maussade. Deux erreurs sur cette pratique : la première était de garder l’inclinaison à 0%, il est nécessaire de mettre 1% voir 1.5% de pente pour simuler les conditions en extérieur, et la deuxième était d’effectuer beaucoup de sorties longues sur le tapis. Si c’est un outil formidable pour travailler les allures, il faut reconnaître que la pratique est très ennuyeuse. J’avais une vraie fatigue mentale à l’issue du plan d’entraînement, avec un manque d’entrain pour la perspective de la course.

En synthèse, j’ai couvert 774 km en 11 semaines.

La sortie la plus longue était de 2h30 sur laquelle j’ai couvert 30km avec 2 répétitions de 15 minutes à 4’08. Pas de semi de préparation en compétition, j’ai fait la distance sur tapis à 4’21 de moyenne, avec notamment 14km à 4’06. J’ai gardé 2 séances de natation par semaine pour faciliter la récupération, mais j’ai quasiment supprimé tout le vélo.

J’étais relativement confiant sur ma capacité à tenir l’allure, avec un peu de marge pour passer sous les trois heures, même si j’avais une grosse appréhension sur le profil particulier de ce marathon du Beaujolais, avec une bosse entre le 32ème et le 36ème km.

La course – Jesus superstar

Le départ à Fleurie est une foule joyeuse, beaucoup de coureurs sont costumés. Jésus et sa croix sont présents pour la 19ème fois. Je ne participe pas trop à l’effervescence, je suis concentré sur ma course. Pas de difficulté pour se placer à l’avant, juste derrière le sas élite. François d’Haene est présent et fait une petite intervention avant le départ.

Jusqu’au 30ème kilomètre, la course présente un profil en dénivelée négative (+125, -255). Je passe le semi en 1h27 (4’09), puis le 30k en 2h06 (4’11), assez confortablement en avance sur mon objectif. La course est néanmoins assez usante (passage dans des caves de châteaux, relances fréquentes, portions dans des chemins de vignes notamment). Le temps est plutôt gris, mais l’ambiance est festive et la foule bien présente dans les villages traversés. Je consomme un gel tous les 10 kilomètres, je fais attention à boire régulièrement. Rétrospectivement, je me suis laissé griser par des sensations très bonnes, j’aurais dû temporiser et assurer l’allure objectif. Bref, j’ai fait une erreur de débutant.

Ma famille se débrouille pour venir m’encourager 2 fois, c’est génial de les voir au bord du chemin.

Puis nous passons Arnas, et c’est le début de la bosse. 3 éléments me déstabilisent alors :

  • il se met à pleuvoir,
  • un coureur avec qui je venais de faire quelques kilomètres me lance : « allez c’est quatre kilomètres horrible et ensuite on descend sur Villefranche »
  • j’ai froid (je suis parti en court, habituellement je pars trop couvert et je le regrette ensuite, cette fois j’ai choisi d’avoir un peu froid au départ mais d’être plus confortable ensuite)

Je regarde mon allure qui chute inexorablement, et je serre les dents jusqu’au sommet de la bosse. Mais déjà la tête est ailleurs. C’est mon principal regret sur ce marathon : j’ai lâché prise mentalement.

Au dessus de la bosse il y a un château où ma famille m’attend, elle m’encourage… Il n’y a plus qu’à faire la bascule, mais je n’arrive plus à relancer. Je suis trempé par la pluie glaciale, j’ai froid et mal, je n’arrive plus à me mobiliser pour relancer l’allure. Les 3h étaient compromis au sommet de la bosse, désormais c’est le PR qui s’éloigne. Nous traversons la rue principale de Villefranche-sur-Saône sous une pluie battante. Là où une foule aurait dû nous porter sur les derniers kilomètres, nous traversons la ville déserte entre deux rangées de barrières. Je passe sous l’arche d’arrivée frigorifié, à une minute de mon record de la Rochelle.

Je tire de cette course un sentiment contrasté. Fierté d’avoir pu boucler une préparation exigeante très correctement sans trop empiéter sur la vie de famille et professionnelle, déception d’avoir lâché prise mentalement pour aller chercher ce PR qui était franchement très jouable. Je reviendrai sur la distance en 2020 en privilégiant un parcours plus propice pour un chrono.

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