Triathlon de Gérardmer

Le ciel est bas et la température fraîche. La lumière grise fait se rejoindre les eaux du lac et la forêt de résineux qui la surplombe dans une noirceur presque hivernale. Sur la rive Est, une jetée éphémère en bois flotte sur l’étendue d’eau sombre. Seules des bouées jaunes font contraste.

Elles délimitent le parcours de natation du triathlon courte distance qui a lieu ce matin. Il part de la plage de l’Union Nautique, première bouée main droite à 400m, puis seconde main gauche à 500m, encore une main gauche à 100m puis retour vers le Casino.

Sur la plage, nous sommes environ 900. Bonnet bleu marine pour les hommes, violet pour les femmes. Compte tenu de la température, nous sommes quasiment tous équipés de combinaisons. J’ai effectué quelques centaines de mètres pour m’échauffer. L’eau est claire, on peut voir à 3 ou 4 mètres. La plage n’est pas très large, et deux pontons font goulot d’étranglement sur les 50 premiers mètres. La tension monte, le départ a lieu à 13:30.

C’est parti. Je me suis placé devant, relativement confiant sur les départs que je commence à maîtriser. Comme il fallait s’y attendre, je reçois beaucoup de coups, dont un qui m’enfonce les lunettes dans les orbites. Heureusement, il n’y a pas d’eau qui rentre. Jusqu’à la première bouée, c’est la bagarre, respiration tous les 2 mouvements voire quand je peux et intensité maximale. On tourne, je choisis de faire l’intérieur côté gauche et ça se calme. Je me force à basculer sur une respiration tous les 3 mouvements et je me concentre sur la technique de nage. La clarté de l’eau me permet de ne vérifier ma direction que tous les 10 cycles de bras, pour le reste je m’assure de voir des pieds ou d’être parallèle à un nageur. 2ème bouée, je vérifie ma montre nous sommes à 700m pour 12 minutes. Je suis sur de très bonne bases par rapport à mon niveau. Je maintiens l’effort et essaie de me placer au maximum dans les pieds sur le retour à compter de la 3ème bouée. Désormais nous avons le Casino en vue, il faut juste s’orienter pour viser le ponton qui n’est pas large. Ça va vite, j’ai de bonnes sensations et voilà que je sors déjà de l’eau. 25 minutes pour faire ces 1500m. Le GPS n’a pas détecté d’écart, j’ai fait une bonne orientation. C’est inespéré, c’est quand même 3’30 minutes de moins par rapport à ce que je fais en bassin. La combinaison et l’aspiration m’ont beaucoup aidés.

Corollaire de l’effort assez violent dans l’eau, je suis désorienté et pas vraiment lucide en arrivant dans le parc à vélo. Aucune difficulté à enlever la combinaison, mais j’hésite bêtement sur la tenue à enfiler. Je finis par me décider à faire la totale, maillot, veste et chaussettes. N’ayant pas pris le temps de me sécher, j’ai beaucoup de mal à enfiler les habits. Je perds plus de 2 minutes sur cette transition… Enfin je quitte le parc à vélo chaudement habillé, et au vu les conditions météo et de ma faible tolérance au froid c’était la bonne décision.

On commence par du plat au centre ville avant d’arriver très rapidement sur la Rayée, avec ses passages à 15% et un public qui pousse énormément. On a beau savoir qu’il va y avoir du monde, on est quand même surpris et ça galvanise. Je sais que mon développement en 39×27 m’oblige à passer un peu en force à certain endroits et qu’il va falloir être attentif à ne pas brûler trop de cartouches. Je profite néanmoins de l’énergie du public à chaque passage, et je me recale sur mon objectif de 230Watt en côte une fois la Rayée passée. La stratégie est payante, je suis d’une régularité exemplaire sur les trois tours avec 30 minutes à chaque fois. J’ai tout même jeté un oeil sur mes étriers de frein dans la dernière montée du troisième tour, j’étais persuadé de frotter alors que ce n’était que les jambes qui avaient du mal à relancer…Je pose le vélo avec une puissance moyenne de 184W, ce qui est conforme aux tests que j’avais réalisé (intensité de 0,84). Je perds des places, mais mon objectif est de réussir une belle course à pied, il s’agit donc de doser l’effort.

Les deux ou trois premiers kilomètres à pied sont assez difficiles, j’ai beaucoup de mal à me mettre dans le rythme au niveau musculaire avec une allure à 4’30 jusqu’en haut de la bosse de Ramberchamp. La bascule vers le ravitaillement produit un déclic, j’arrive à accélérer. Je vois un ami qui est devant, ça me motive à appuyer pour le rattraper. Mon allure baisse désormais régulièrement, jusqu’à se stabiliser à une moyenne de 4’12 que je tiendrai jusqu’à l’arrivée.

Je suis très satisfait par ma course, c’est un des premiers triathlons où j’arrive à produire une performance pleine et où je ne nourris pas de regret. J’ai pu donner le maximum de mon niveau actuel sur chacune des disciplines, et c’est vraiment un sentiment d’accomplissement très agréable.

La natation ayant été grandement améliorée, c’est désormais le vélo qui reste un point faible pour permettre une homogénéité de la performance. L’hiver sera donc placé sous le signe du home-trainer… Mais avant, place à la préparation marathon pour – enfin – réussir à passer sous les 3 heures.

Photographies : Sportograf

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